Paris : léger repli avant les statistiques et résultats US

2021, l'année folle de la Bourse de Paris

La Bourse de Paris a rencontré une progression fulgurante en 2021, battu des records vieux de 20 ans, mais également fait mieux par rapport aux autres places mondiales, avec une progression de près de 30% (29,21% au 30 décembre).

L’indice CAC 40 connaît ainsi sa meilleure progression annuelle à partir de 2000. En 2020, l’indice phare français avait au contraire reculé de plus de 7%.

Paris fait mieux que Francfort (+15,79%), Londres (+14,59%), Milan (+23%), mais aussi que les trois principaux indices américains.

La composition culinaire de cette potion magique? “Des banques centrales forcément accommodantes, la forte reprise économique, le rebond de la consommation”, résume à l’AFP Christopher Dembik, directeur de la recherche macro-économique de Saxo Bank.

Quel que soit le domaine, les entreprises ont pu goûter à ce doux breuvage: au sommet du CAC 40, on retrouve ainsi la bancaire Société Générale (+77%), le géant du luxe Hermès (+75%), la technologique Capgemini (+70%), ou aussi le mastodonte de l’eau et des déchets Veolia (+66%).

Après un relâchement en janvier, l’indice parisien a rencontré une progression quasi-linéaire jusqu’en juin.

Les entreprises cycliques, les plus dépendantes de l’activité économique, tel que les banques, l’automobile, l’industrie, “ont tiré cette 1ère période. On pensait qu’elles allaient s’essouffler ensuite, mais au final pas”, note Chaguir Mandjee, gérant de portefeuille chez Tailor AM.

Les cours ont ensuite été euphorisés par “des résultats du seconde trimestre exceptionnels”, qui se sont confirmés au 3ème trimestre, appuie Charles de Riedmatten, gérant chez Myria.

C’est par ailleurs début novembre, à la continuité des publications des entreprises que le CAC 40 a fait exploser le plafond des 6.944 points, son record datant de 2000, pour le faire culminer à 7.183 points mi-novembre, et ensuite 7.201 en fin pour l’année.

– Pas pour l’solution –

Les investisseurs ont certes rencontré des coups de mou. A la mi-juillet, comme fin novembre, le Covid-19, et ses vagues Delta et Omicron ont engendré des baisses notables, dont un -4,75% en une séance le 26 novembre.

A la fin de la période estivale, les soupçons sur la vigueur de la reprise chinoise, symbolisés par le géant de l’immobilier Evergrande, croulant sous les dettes, ont fait tanguer les marchés.

Mais “ces baisses ont été vues comme des opportunités pour l’acheter des actions à bas prix”, pense M. Dembik.

Durant ce temps, les banques centrales, de la Réserve fédérale étasunienne à la Banque centrale européenne, ont continué en 2021 à soutenir massivement les économies en injectant des dizaines de milliards pour l’euros chaque mois dans le système financier, contribuant à la reprise exceptionnelle cette saison.

Avec beaucoup pour l’argent disponible, les investisseurs n’ont rarement pour l’autre choix que les actions: “on s’attendait à voir une hausse marquée des taux pour l’but pour les Etats, ça ne s’est pas produit”, note Florence Barjou, responsable de l’investissement chez Lyxor.

Quand les taux pour l’but baissent, les investisseurs se tournent davantage vers les actions, plus risquées que les obligations mais plus rémunératrices. L’inflation élevée du moment contribue à ce phénomène, car elle rogne mécaniquement les gains, par définition fixes, des obligations.

– “Ne pas être le dernier à vendre” –

Mais à trop monter, les investisseurs ne risquent-ils pas de se brûler les ailes?

L’inflation a atteint des records à partir de des décennies aux Etats-Unis et en zone euro, ce qui a poussé les banques centrales à amorcer une réduction de leurs mesures de soutien.

De plus, la normalisation de la croissance des pays et des résultats des entreprises invite à la prudence.

Peu pour l’observateurs voient le CAC réitérer une telle performance en 2022.

Et ce, mais l’incertitude sanitaire persiste, au gré des nouveaux variants.

“L’année est nerveuse. Les indices ont bien monté, personne ne veut être le premier à vendre… mais personne ne veut être le dernier aussi” si une période de correction s’enclenche, analyse Alexandre Neuvy, gérant à Amplegest.

Il accentue “le besoin de souffler” après les hausses de 2021, et le fait que chaque personne n’ait pas participé à la fête.

Sept valeurs du CAC ont achevé en négatif, la pire performance revenant à Worldline (-38%), sanctionnée en fin pour l’année pour des mauvais choix selon les investisseurs.

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