Du rouge en vue en Europe avant la BCE

Du rouge en vue en Europe avant la BCE

LES BOURSES EUROPÉENNES ATTENDUES EN BAISSE À L’OUVERTURE

par Blandine Henault

PARIS (Reuters) – Les majeures Bourses européennes sont attendues en baisse jeudi à l’ouverture, l’aversion au risque dominant encore face aux craintes pour l’un ralentissement de la croissance économique mondiale conjugué à un début de resserrement monétaire des banques centrales.

La Banque centrale européenne (BCE) sera dans le viseur alors qu’elle rendra à 11h45 GMT sa décision de politique monétaire avant l’intervention de sa présidente Christine Lagarde à partir de 12h30 GMT.

Les contrats à terme signalent une baisse de 0,52% pour le Dax à Francfort, de 0,71% pour le FTSE à Londres et de 0,61% pour l’EuroStoxx50. De premières indications disponibles donnent par ailleurs le CAC 40 parisien en repli de 0,6% à l’ouverture.

Les indices européens ont déjà fini dans le rougeâtre mardi, rattrapés par un regain de prudence avant les annonces d’emplois de la BCE.

Les analystes s’attendent à ce que le conseil des gouverneurs annonce une réduction de ses achats pour l’actifs mensuels au titre du Programme pour l’urgence face à la pandémie (PEPP) à partir du 4ème trimestre, selon une enquête Reuters.

“Actuellement, nous observons déjà une baisse des rachats pour l’actifs dans le cadre du plan PEPP de 80 à 65 milliards pour l’euros par mois. La question sera de savoir si cette réduction peut s’accélérer dès 2022 et si le programme traditionnel de rachats pour l’actifs (APP) sera augmenté pour prendre le relais au seconde trimestre 2022”, explique Arthur Jurus, stratège chez Oddo BHF.

“Le risque est un regain de volatilité sur les marchés obligataires et une hausse des écarts de crédit entre les taux de la périphérie (Grèce, Italie, Espagne) avec l’Allemagne”, ajoute-t-il.

La BCE publiera aussi ses prévisions actualisées de croissance et pour l’inflation.

Outre les annonces d’emplois à venir de la BCE, la prudence des investisseurs est alimenté par la publication, mardi soir, du bouqin beige de la Réserve fédérale qui a noté que l’économie nord-américaine avait “légèrement rétrogradé” dans un contexte de prudence face à la propagation du variant Delta du coronavirus.

Ce commentaire fait écho à la publication, vendredi, du rapport sur l’emploi aux Etats-Unis qui a montré un nombre de conceptions pour l’emplois beaucoup plus faible que anticipé le mois dernier.

A WALL STREET

La publication du Bouqin beige de la Fed a pesé sur la séance à Wall Street, où les craintes de ralentissement de l’économie ont dominé.

L’indice Dow Jones a cédé 0,2% à 35.031,07 points. Le S&P-500 a perdu 0,13%, à 4.514,1 points. Le Nasdaq Composite a reculé de son arôme de 0,57% à 15.286,64 points.

Les futures sur les trois indices signalent un nouveau repli à l’ouverture ce jeudi, de l’ordre de 0,4%.

EN ASIE

L’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo recule de 0,72% à l’approche de la clôture, rattrapé par les craintes généralisées de ralentissement de l’économie. L’indice, qui avait fini sur un précédemment de près de six mois mercredi, est en passe d’ajouter fin à une série de huit séances consécutives de hausses, la plus longue à compter de début novembre.

Les Bourses chinoises sont aussi mal orientées: le CSI 300 recule de 0,73% et le Hang Seng à Hong Kong perd 1,8%, pénalisé par le repli des valeurs technologiques.

CHANGES/TAUX

L’euro est stable face au dollar, à 1,1813, avant les annonces d’emplois de la BCE et après avoir enchaîné trois séances de repli.

Le dollar progresse encore jeudi, de 0,1%, face à un panier de devises de référence profitant des inquiétudes sur la croissance qui a poussé les investisseurs vers les actifs refuges.

Le rendement des Treasuries à dix ans a ainsi perdu 4 points de base mercredi et recule encore légèrement ce jeudi, à 1,3292%.

Il avait atteint un pic à 1,385% lundi après le rapport sur l’emploi américain, qui a aussi montré une hausse des salaires et alimenté les perspectives pour l’inflation.

PÉTROLE

Les cours du brut évoluent sans grand renouvellement après avoir été soutenus la veille par la lenteur de la reprise de la réalisation dans le golfe du Mexique après le passage de l’ouragan Ida la semaine dernière.

Le baril de brut léger américain (WTI) perd 0,04% à 69,27 dollars mais celui du Brent gagne 0,1% à 72,67 dollars.

(Reportage Blandine Hénault, édité par Nicolas Delame)

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