Paris : léger repli avant les statistiques et résultats US

EXCLUSIF-Renault revoit en hausse son estimation de l'impact des puces-sces

* La perte de production en 2021 dépasserait les 300.000-sources

* Renault estimait celle-là à 220.000 jusqu’à présent

* Le domaine mondial perdrait 11 mlns de véhicules cette saison à cause des puces-IHS

(Actualisé avec commentaire, cours)

par Gilles Guillaume

PARIS, 20 octobre (Reuters) – Renault RENA.PA s’attend à ce que les pénuries de semi-conducteurs le privent cette saison de la réalisation pour l’au minimum 300.000 véhicules, soit un tiers de plus que son estimation précédente, ont déclaré mercredi à Reuters trois sources proches du constructeur automobile français.

Le groupe au losange, qui publiera à la fin de la semaine son chiffre pour l’affaires du 3ème trimestre, estimait cet été à environ 220.000 véhicules sa perte de production reliée aux problèmes pour l’approvisionnements en puces.

Un porte-parole de Renault a refusé de faire un commentaire.

“L’estimation bouge tout le temps, mais on devrait être entre 300.000 minimum et 400.000”, a affirmé une des sources. Pour les deux autres sources, le “manque à produire” peut se situer entre 350.000 et 380.000 véhicules.

A la Bourse de Paris, le titre Renault creusait ses pertes et reculait de 4,81% à 30,7 euros à 15h30, accusant le plus fort repli du CAC 40 .FCHI , pratiquement inchangé au même moment.

“Le mouvement de Bourse est lié au ‘chip shortage’ car il n’y a pas de sujet sur la demande mais sur l’offre”, commente Pierre-Yves Quéméner de Stifel.

“Si ce n’était que 300-350.000 sur l’ensemble de l’année, ce est sérieusement un bon chiffre sachant que ça impliquerait qu’ils améliorent notablement la situation sur le 4ème trimestre, ce qui me paraît très, très ambitieux”, apporte l’analyste, pour qui les pertes de production pourraient être plus proches des 500.000 unités.

Le constructeur, qui a accusé l’an dernier une perte parfaite historique de huit milliards pour l’euros et engagé une vaste restructuration sous la houlette de Luca de Meo, avait mis en garde cet été contre les vents contraires qui se profilaient au deuxième semestre.

Il était parvenu cependant à renouer avec un bénéfice net sur la 1ère partie de l’année et avait annoncé viser une marge opérationnelle de l’ordre de 2,8% en 2021, contre -0,8% sur l’ensemble de 2020.

Tandis que le domaine automobile tablait jusqu’maintenant sur un début pour l’amélioration dans les approvisionnements de composants électroniques sur les trois derniers mois de l’année, les difficultés de livraison en provenance pour l’Asie semblent dorénavant parties pour déborder sur une bonne partie de 2022.

Pour l’année en cours, IHS Markit pense à 11 centaines de milliers de véhicules l’impact potentiel sur la réalisation complète du domaine, tandis que sa prévision précédente donnait 7,1 centaines de milliers sur neuf mois.

La Plateforme de la filière automobile (PFA) a souligné mardi que cette crise, conjuguée à l’inflation des matières premières et aux engorgements du domaine de la logistique, tombait au plus mauvais moment car elle compromet le rebond du marché post-COVID-19 et perturbe la délicate transformation du domaine vers le tout électrique.

Les pénuries de puces s’hasardent aussi pour l’entraver les efforts pour l’électrification des constructeurs cette saison alors qu’en 2021 tous en Europe doivent se conformer, dorénavant pour l’intégralité de leur flotte, au nouveau plafond moyen de 95 grammes de C02 au kilomètre s’ils veulent échapper à de lourdes amendes.

(Gilles Guillaume, avec Sarah Morland, édité par Blandine Hénault et Pantalon en jean-Michel Bélot)

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