POINT MARCHÉS-Petite hausse en vue à Wall Street, l'Europe hésite

La Bourse de Paris plombée par le rapport américain sur l'emploi

La Bourse de Paris a achevé en parfaite baisse (-1,17%) vendredi, les investisseurs réalisant que la situation du marché de l’emploi aux États-Unis ne laissait entrevoir aucun renouvellement de cap dans la politique monétaire de la banque centrale nord-américaine.

L’indice vedette CAC 40 a reculé de 69,48 points à 5.866,94 points. Son vigoureux rebond du début de semaine lui permet toutefois pour l’afficher un gain hebdomadaire de 1,82%.

Les indices boursiers ont été apaisés en début de semaine par l’espoir renaissant pour l’un tour de vis monétaire moins dur de la par des banques centrales. Mais plusieurs déclarations de responsables monétaires américains et un rapport solide de l’emploi américain ont une fois de plus signalé aux investisseurs qu’il est vain pour l’anticiper trop tôt un tel scénario moins restrictif.

« On est évidemment dans cette logique inversée, à savoir que les bonnes nouvelles économiques sont des mauvaises nouvelles pour les marchés », résume Alexandre Neuvy, gérant pour l’Amplegest.

Le marché de l’emploi a un peu ralenti en sept. aux Etats-Unis, une évolution souhaitée dans le combat contre l’inflation, mais il est resté solide, et le taux de chômage est même revenu à son niveau pour l’avant la pandémie.

Le taux de chômage est reparti en légère baisse en sept., retombant à 3,5% alors qu’il était attendu à 3,7%.

Les conceptions pour l’emplois du mois de sept. sont ressorties conformes aux attentes: l’économie nord-américaine a créé 263.000 emplois le mois dernier.

« Ce n’est pas une bonne nouvelle au niveau des perspectives de baisse de l’inflation et de baisse des taux pour l’avantage, ce qui est sanctionné par les marchés », explique l’expert.

Un marché de l’emploi tendu favorise les hausses de salaires qui alimentent elles-mêmes l’inflation. Une dégradation du marché de l’emploi est ainsi, paradoxalement, souhaitée et demandée pour voir fléchir la hausse des prix.

Pour combattre l’inflation, la banque centrale nord-américaine (Fed) relève son principal taux directeur à partir de mars, un moyen de comprimer l’activité économique en décourageant la consommation et l’investissement, au risque cependant de provoquer une récession.

La prochaine réunion de travail du comité monétaire de la Fed est prévue les 1er et 2 novembre. Pour l’maintenant là, les données sur l’inflation de sept. auront été publiées.

« A court terme, chaque statistique nord-américaine, quelle qu’elle soit, va influencer les marchés », prévoit M. Neuvy.

Les données du rapport sur l’emploi faisaient monter les rendements des emprunts sur le marché de la dette souveraine, ce qui pénalisait mécaniquement les secteurs sensibles aux taux, comme les valeurs technologiques: Dassault Systemes a chuté de 6,53%, STMicroelectronics de 5,30%, Capgemini de 4,07% et Teleperformance de 3,95%. Le luxe était aussi à la peine: LVMH a perdu 2,66%, Hermès 2,47% et Kering 1,43%.

pan/kd/LyS

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