La prudence domine encore en Europe

La prudence domine encore en Europe

LA PRUDENCE DOMINE ENCORE EN EUROPE

par Claude Chendjou

PARIS (Reuters) – Wall Street est demandée près de l’équilibre mercredi à l’ouverture et les Bourses européennes varient peu à mi-séance, la prudence continuant de l’emporter avec les craintes de récession et la perspective pour l’un resserrement monétaire persistant aux Etats-Unis et en Europe.

Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture en baisse de 0,08% pour le Dow Jones, mais le Standard & Poor’s 500 et le Nasdaq sont indiqués quasiment stables.

À Paris, le CAC 40 gagne 0,06% à 6.365,6 points vers 11h20 GMT. À Francfort, le Dax avance de 0,04%. A Londres, le FTSE recule de 0,5%.

L’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 grappille 0,01% et l’EuroStoxx 50 de la zone euro 0,1%. Le Stoxx 600, dans le rouge bordeaux à partir de la clôture de vendredi dernier, grignote pour l’instant 0,06%, tentant pour l’éviter une 4ème séance pour l’affilée de baisse.

Les valeurs défensives soutiennent la tendance en Europe tandis que la crise du gaz pèse sur les autres secteurs. Le prix du gaz, qui a atteint lundi un niveau record à 292,5 euros le mégawattheure, se négocie mercredi à 280,5 tandis que l’arrêt pour trois jours pour maintenance du gazoduc Nord Stream 1 fait craindre une suspension plus longue dans le contexte de la guerre en Ukraine.

Le cours du gaz a bondi de près de 40% à partir de le début du mois et a pratiquement quadruplé à partir de le début de l’année. Son envolée réduit les espoirs pour l’une baisse de l’inflation en Europe au point que les marchés financiers s’attendent maintenant à une poursuite de la hausse des prix, à une accélération de la remontée des taux pour l’objectif et une dégradation supplémentaire de la situation économique.

Tandis que les derniers indicateurs macroéconomiques ont qualifié le risque de récession aux Etats-Unis et en Europe, les investisseurs ont le regard tourné vers Jackson Hole, où Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale étasunienne (Fed), doit prononcer un discours vendredi.

« Il y a eu un important rally des actions dans le univers récemment, tiré par les Etats-Unis qui ont entraîné dans leur sillage l’Europe, mais les perspectives en Europe restent très compliquées », examine Graham Secker, stratège actions européennes chez Morgan Stanley.

« Tandis que Jackson Hole approche, le marché commence à réévaluer ce rally, estimant que la Fed devrait demeurer hawkish (plus restrictive), ce qui se traduit par des prises de bénéfices », ajoute-t-il.

Sur le Stoxx 600 paneuropéen, les compartiments défensifs comme ceux de l’alimentation et des boissons (+0,4%) et celui de la santé (+0,61%) figurent parmi les plus fortes progressions.

A l’inverse, les replis les plus marqués sont à l’actif des secteurs cycliques comme ceux des matières premières (-1,33%), de la distribution (-0,44%) et des banques (-0,74%).

Sur le CAC 40, ArcelorMittal abandonne 1,88% et Crédit agricole 1,25%.

Ailleurs en Europe, le groupe britannique de conseil en nouveautés de l’information Aveva bondit de 28,19% après la confirmation par Schneider (+0,31%) pour l’une possible offre sur le solde du capital qu’il ne détient pas encore.

Le groupe suisse haut de gamme Richemont gagne 2,5% après avoir annoncé la vente pour l’un petit peu plus de la majorité du capital de Yoox Net-a-Porter.

TAUX

Sur le marché obligataire, le rendement du Bund allemand à dix ans, référence pour la zone euro, a touché un précédemment de huit semaines à 1,384%, en raison des inquiétudes sur l’inflation tandis que le compte rendu de la dernière réunion de travail de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) sera publié jeudi.

Les marchés monétaires tablent actuellement sur un relèvement de 50 points de base des taux de la BCE le mois prochain et une hausse au total pour l’environ 200 points pour l’maintenant sept. 2023.

Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans, qui a atteint mardi son précédemment niveau à partir de plus pour l’un mois, est quasiment stable mercredi, à 3,048%.

CHANGES

Le dollar repart à la hausse (+0,22%) mercredi face aux autres grandes devises, regagnant une section du terrain perdu mardi après des indicateurs décevants sur l’activité et l’immobilier aux Etats-Unis.

L’euro recule encore de 0,38% face au billet vert à 0,9929 en raison tout particulièrement de la crise du gaz.

« Il est très compliquée pour le marché de faire remonter l’euro au-dessus de la parité (avec le dollar) », note Simon Harvey, responsable devises chez Monex Europe, évoquant les problèmes pour l’approvisionnement énergétique de l’Europe et les anticipations pour l’une politique plus restrictive de la Fed.

PÉTROLE

Les cours pétroliers continuent de profiter des déclarations de l’Arabie saoudite selon lesquelles l’Opep+ peut baisser sa production face au récent recul des prix du brut.

Le baril de Brent remonte nettement au-dessus de la barre des 100 dollars à 101,14 (+0,92%), mais celui du brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) se traite à 94,61 dollars (+0,93%).

(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Kate Entringer)

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