La Bourse de Paris perd 0,51%, plombée par le luxe

L'accumulation des risques fait vaciller la Bourse de Paris (-1,74%)

Les craintes autour de la crise du géant de l’immobilier chinois Evergrande ont fait trembler lundi la Bourse de Paris (-1,74%), qui regarde aussi avec aujourd’hui pour l’anxiété les politiques monétaires et budgétaires aux Etats-Unis.

L’indice vedette CAC 40 a perdu 114,38 points à 6.455,81 points, au plus bas à compter de près de deux mois. Il avait perdu 1,40% la semaine précédente.

La cote parisienne a ouvert en forte baisse, et ensuite a continué à descendre, jusqu’à approcher les -3% avant de se stabiliser et de remonter un peu. La séance est marquée par un net regain de la volatilité, pour la 1ère fois à compter de la rentrée.

Démonstration de l’aversion pour le risque, les taux pour l’intérêts sur la dette française à 10 ans ont baissé de trois points de base, s’établissant à 0,02%.

La nouvelle dégringolade de l’action pour l’Evergrande à Hong Kong (-10% lundi, près de -90% à compter de le début de l’année), a agi comme “un détonateur” pour que les investisseurs se détournent des actifs risqués, comme les actions, explique Andréa Tuéni, analyste chez Saxo Banque.

Le géant immobilier est confronté à une dette de 270 milliards pour l’euros, et son éventuelle chute peut avoir un impact sur de nombreux pans de l’économie chinoise.

Les investisseurs continuent “de se dire que les autorités chinoises n’ont pas envie de laisser tomber” Evergrande, mais “on reste quand même dans l’incertitude”, continue M. Tuéni. Plusieurs secteurs ont fait l’objet de régulations plus sévères ces dernières semaines par les autorités chinoises, comme l’innovation, les games vidéo, ou aussi les casinos.

Evergrande est loin pour l’être le seul nuage qui obscurcit l’horizon des investisseurs. La réserve fédérale étasunienne (Fed) commence sa réunion de travail mardi pour deux jours, et doit préciser le calendrier et l’étendue de la réduction de son soutien qui a contribué au rebond des marchés à compter de le début de la crise sanitaire.

Les investisseurs ont pu se prémunir pour l’une mauvaise surprise avec “une Fed moins accommodante” et un durcissement plus dur qu’attendu, continue l’analyste.

Autre réele origine pour l’inquiétude aux Etats-Unis, la secrétaire au Trésor Janet Yellen a publié un vigoureux éditorial dans le Wall Street Journal, plaidant pour un relèvement du plafond de la dette, bloqué au Congrès, au risque de provoquer “une crise monétaire historique”.

Les banques plongent

Les banques ont spécialement souffert de l’inquiétude parcourant le marché: Société Générale a dégringolé de 5,70% à 24,57 euros, BNP Paribas de 4,46% à 51,15 euros et Crédit Agricole de 3,86% à 11,21 euros.

Les matières premières en repli

Le recul des prix du pétrole a entraîné dans le de couleur rouge les entreprises qui y sont liées. CGG a perdu 5,37% à 0,60 euros, TechnipFMC 4,51% à 5,71 euros, et TotalEnergies 1,42% à 37,85 euros.

Par ailleurs, les valeurs minières ont pâti du recul des prix des matériaux, provoqué par une crainte de baisse de la demande chinoise.

ArcelorMittal a subi la plus forte baisse du CAC 40, avec une perte de 8,03% à 25,03 euros.

L’aviation renoue avec le rêve américain

A revers de tous les secteurs, l’aviation a largement progressé lundi, portée par l’annonce que les Etats-Unis laisseront entrer à partir de “début novembre” tous les voyageurs en provenance de l’étranger à condition qu’ils soient entièrement vaccinés contre le Covid-19.

Aspect-France-KLM a bondi de 5,31% à 4,09 euros, Aéroports de Paris de 4,59% à 106 euros et Safran de 2,26% à 107,66 euros.

Ose présente des résultats encourageants

Du arôme des plus petites capitalisations, la biotech nantaise Ose Immunotherapeutics a annoncé lundi des résultats encourageants pour Tedopi, son vaccin thérapeutique potentiel, dans le cancer du poumon non à petites cellules, ce qui a fait bondir son titre de 19,34% à 12,22 euros.

fs/pn/ngu

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