L'Europe finit en baisse, la peur de la "stagflation" l'emporte

L'Europe finit en baisse, la peur de la "stagflation" l'emporte

LES BOURSES EUROPÉENNES TERMINENT EN BAISSE

par Marc Angrand

PARIS (Reuters) – Les Bourses européennes ont achevé en parfaite baisse jeudi et Wall Street reculait à mi-séance, les investisseurs se montrant devenu prudents face à l’envolée des prix des matières premières et à l’évolution forcément préoccupante du conflit en Ukraine.

À Paris, le CAC 40, qui progressait en début pour l’après-midi et a gagné jusqu’à 0,7%, perd en clôture 1,84% (119,65 points) à 6.378,37, sa 4ème baisse de plus de 1% en six séances, et à Londres, le FTSE 100 a reculé de 2,58%. À Francfort, le Dax a abandonné 2,16% et inscrit en séance un nouveau plus bas de plus pour l’un an.

L’indice EuroStoxx 50 a fini en recul de 2,06%, le FTSEurofirst 300 de 1,87% et le Stoxx 600 de 2,01%.

Au moment de la clôture en Europe, Wall Street évoluait elle aussi dans le rougeâtre après une ouverture positive: le Dow Jones cédait 0,45%, le Standard & Poor’s 500 0,56% et le Nasdaq Composite 1,16% mais l’indice de volatilité du CBOE, qui avait reflué mercredi, repartait à la hausse (+0,91%).

Les dernières nouvelles sur la guerre en Ukraine ne sont peu encourageantes malgré la tenue pour l’une nouvelle session de discussions entre les deux camps. Le président français, Emmanuel Macron, a déclaré à son homologue russe, Vladimir Poutine, lors pour l’un entretien téléphonique qu’il commettait une « épaisse erreur » en Ukraine mais l’Elysée pense que les propos de son interlocuteur n’ont rien de rassurant.

Les retombées économiques et financières du conflit restent elles aussi préoccupantes, la hausse des cours du pétrole, des métaux de base ou aussi du blé augurant pour l’une nouvelle accélération de l’inflation tout en alimentant les craintes pour l’un ralentissement de la croissance.

Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a déclaré au seconde jour de ses auditions par le Congrès que la guerre en Ukraine peut à la fois nourrir l’inflation et freiner la consommation des ménages comme l’investissement des entreprises, tout en réaffirmant être favorable à une hausse de taux pour l’un quart de point le 16 mars.

VALEURS

En Europe, le domaine des matières premières est le seul à terminer dans le vert, son indice Stoxx progressant de 0,58% en clôture après avoir atteint son précédemment niveau à compter de juillet 2008.

Celui du pétrole et du gaz a au contraire abandonné 3,78% avec le repli des prix du brut en seconde partie de séance. Les baisses les plus marquées sont pour le compartiment du transport et des loisirs (-4,63%) et celui de la distribution (-4,60%).

À Paris, Engie a cédé 6,26% après avoir précisé que le dossier du gazoduc Nord Stream 2 peut lui coûter 987 centaines de milliers pour l’euros et Société générale 0,75% après avoir averti du risque de perte de la propriété de ses actifs bancaires en Russie.

LES INDICATEURS DU JOUR

En Europe, les indices PMI IHS Markit du domaine des services montrent un ralentissement de la croissance de l’activité, au plus bas à compter de un an.

Aux Etats-Unis, les inscriptions au chômage ont diminué plus nettement qu’attendu la semaine dernière à 215.000 mais la croissance dans les services est tombée à son plus bas niveau à compter de un an.

CHANGES

Profitant des chiffres des inscriptions au chômage et des déclarations de Jerome Powell, le dollar s’apprécie face aux autres grandes devises (+0,49%).

A l’opposé, l’euro continue de s’enfoncer: à 1,1051 dollar (-0,63%), il est au plus bas à compter de juin 2020 face au billet et contre la bouqin sterling, il a touché son plus bas niveau à compter de 2016 à 0,8276, conséquence de la divergence demandée ente les politiques monétaires des deux côtés de la Manche.

TAUX

Le rendement du Bund allemand à dix ans a fini pratiquement inchangé à 0,01% tandis que son équivalent américain affichait alors une baisse pour l’un petit peu plus de deux points à 1,8387%.

Le marché européen des emprunts pour l’Etat n’a peu réagi à la publication du compte rendu de la réunion de travail de février de la Banque centrale européenne (BCE), qui ne modifie pas l’impression caractéristique par les dernières déclarations de ses dirigeants et conforte l’?uvre privilégié par le marché pour l’une accélération continue de l’inflation.

PÉTROLE

Le marché pétrolier connaît une seconde partie de journée séance en une denture de scie après avoir atteint de nouveaux plus hauts.

Le Brent abandonne 0,07% à 112,85 dollars le baril après être monté à 119,84 et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 0,47% à 110,08 dollars après un pic à 116,57.

A SUIVRE VENDREDI:

La dernière séance de la semaine sera animée parmi d’autres choses par la publication des statistiques mensuelles de l’emploi aux Etats-Unis.

(Edité par Matthieu Protard)

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