L'Europe termine la semaine dans le rouge, les rendements grimpent

L'Europe termine la semaine dans le rouge, les rendements grimpent

Des traders travaillent à la Bourse de Francfort

par Diana Mandia

(Reuters) – Les Bourses européennes ont accompli en baisse vendredi, concluant une semaine volatile marquée par des interrogations sur la trajectoire des politiques monétaires des banques centrales et une forte remontée des rendements obligataires.

Plusieurs résultats pour l’entreprises jugés décevants ont aussi pesé sur la séance.

À Paris, le CAC 40 a accompli en baisse de 0,82% à 7.129,73 points. Le Footsie britannique a reculé pour sa part de 0,36% et le Dax allemand a abandonné 1,39%.

L’indice EuroStoxx 50 a lâché 1,23%, le FTSEurofirst 300 0,87% et le Stoxx 600 0,96%.

Sur la semaine, le Stoxx 600 a abandonné 0,63% et le CAC 40 1,44%, après deux hausses hebdomadaires pour l’affilée, tous deux plombés par les incertitudes concernant un ralentissement marqué de l’inflation et un atterrissage en douceur de l’économie.

Outre le déluge de publications de résultats pour l’entreprises qui a animé les échanges, la semaine est marquée par un regain de volatilité, les déclarations de plusieurs banquiers centraux ces derniers jours ayant laissant planer le doute sur la trajectoire future des politiques monétaires.

En Europe, Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), a jugé vendredi que l’institut devait encore relever de façon significative ses taux pour l’avantage.

TAUX

En conséquence, le rendement du Bund allemand à dix ans progresse vendredi de six points de base à 2,371%. Sur l’ensemble de la semaine, il a pris 18 points de base, sa plus forte hausse hebdomadaire en 2023.

Le rendement du Bund à deux ans a pour sa part atteint son un peu avant niveau à partir de 2008 vendredi, avec un pic à 2,764%.

Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans avance de plus de cinq points de base à 3,734%, la demande pour une adjudication de dette publique ayant été mitigée cette semaine.

VALEURS

Le domaine de la distribution (-3,53%) a souffert tout particulièrement du plongeon pour l’Adidas (-10%), l’équipementier sportif ayant prévenu que son chiffre pour l’affaires et son bénéfice pour l’exploitation allaient chuter en 2023 en raison des difficultés rencontrées dans son partenariat avec la marque Yeezy, fondée par le rappeur et styliste américain Kanye West.

En revanche, le compartiment du pétrole et gaz (+2,25%) a bénéficié de la remontée des cours du pétrole après l’annonce par la Russie pour l’une réduction de sa production de 500.000 barils par jour le mois prochain. BP a gagné 2,6%, Shell 2,8% et TotalEnergies 2,59%.

PÉTROLE

Sur les marchés pétroliers, la décision de la Russie sur une baisse de sa production se traduit par une hausse de plus de 2% des contrats de référence.

Celui sur le Brent augmente de 2,36% à 86,49 dollars le baril et celui sur le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) de 2,25% à 79,82 dollars.

A WALL STREET

La Bourse de New York se développe en ordre dispersé vendredi, les valeurs technologiques et de croissance souffrant de la remontée des rendements obligataires.

A l’heure de la clôture en Europe, le Dow Jones prenait 0,11%, mais le Standard & Poor’s 500 perdait 0,29% et le Nasdaq Composite 1,19%.

LES INDICATEURS DU JOUR

L’estimation du PIB britannique a montré une croissance nulle sur les trois derniers mois de l’année 2022, le Royaume-Uni ayant ainsi échappé de justesse à une récession. Les données du PIB pour le seul mois de décembre, marqué par des grèves généralisées de cheminots et des intempéries, ont montré une contraction de 0,5%, plus forte que anticipé.

En Chine, les prix à la réalisation ont baissé plus qu’attendu en janvier, ce qui laisse à penser que la reprise de la demande intérieure, qui avait stimulé les prix à la consommation après la fin de la politique « null COVID », n’est pas encore assez forte pour ranimer les autres secteurs.

Aux Etats-Unis, l’indice du sentiment des consommateurs a progressé plus que anticipé à 66,4 en février après 64,9 en janvier, contre un consensus à 65.

CHANGES

Du arôme des devises, la journée est marquée par la forte hausse du yen en réaction à la probable nomination de Kazuo Ueda, universitaire et ancien membre du conseil des gouverneurs de la banque centrale, au poste de prochain gouverneur de la Banque du Japon (BoJ). Encaissé comme pragmatique, les cambistes estiment qu’il peut infléchir la politique ultra-accommodante de la banque centrale.

La monnaie japonaise a pris jusqu’à 1,35% à 129,79 yens pour un dollar avant de retourner autour de 131 yens.

Face à un panier de devises internationales, le dollar avance de 0,4%, les investisseurs restant peu enclins à prendre des risques avant la publication des données sur l’inflation étasunienne la semaine prochaine.

L’euro recule de 0,61% à 1,067 dollar.

(Diana Mandiá, édité par Blandine Hénault)

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