POINT MARCHÉS-Petite hausse en vue à Wall Street, l'Europe hésite

Wall Street termine en baisse, effrayée par l'arrêt prolongé d'un gazoduc en Europe

La Bourse de New York a accompli en baisse vendredi, effrayée par l’annonce du prolongement de l’arrêt du gazoduc Nord Stream en Europe, qui fait craindre une escalade de la crise énergétique et une récession sur le Vieux continent.

Le Dow Jones a perdu 1,07%, à 31.318,44 points, l’indice Nasdaq, 1,31%, à 11.630,86 points, et l’indice élargi S&P 500, 1,07%, à 3.924,26 points. Le Nasdaq a enchaîné, à cette occasion, une sixième séance de baisse consécutive, une séquence plus vue à compter de plus de trois ans.

« Vous pouvez faire un lien direct entre la nouvelle de Gazprom » et le retournement du marché, a pointé Patrick O’Hare, de Briefing.com. « Cela apporte un facteur pour l’incertitude. »

Le groupe a annoncé vendredi le prolongement de l’arrêt de Nord Stream, qui assure l’essentiel des approvisionnements de l’Europe en gaz russe, évoquant la nécessité de réparer une turbine défectueuse.

Le gazoduc devait initialement reprendre ses livraisons samedi, à l’issue de trois jours de maintenance.

« L’Europe est déjà dans une situation économique affaiblie, donc les marchés voient visiblement (dans cette nouvelle) un facteur aggravant », a détaillée Bill Northey, pour l’US Bank Wealth Management.

Les investisseurs affichaient cependant un certain optimisme en début de séance, après la publication du rapport mensuel sur l’emploi américain, selon lequel 315.000 emplois ont été créés en août, soit nettement moins que les 526.000 nouveaux postes de juillet.

Autre signe pour l’un ralentissement, le taux de chômage est légèrement remonté à 3,7%, contre 3,5% le mois précédent.

« Le taux de chômage est remonté car le marché du travail n’a pu absorber tous les personnes qui (se remettaient à chercher un emploi) », a observé Jamie Cox, pour l’Harris Financial Group. « Et la hausse des salaires a fini par se calmer. Ce sont les meilleurs signaux indiquant qu’un atterrissage en douceur (de l’économie) est envisageable. »

« Si le prochain CPI (indice de prix) dévoile que l’inflation poursuit sa décélération à un rythme plus soutenu, une hausse pour l’un demi-point (du taux directeur de la banque centrale étasunienne) peut être préférée à celle, plus offensive, de 0,75 point », a anticipé Quincy Krosby, de LPL Financial.

Les opérateurs attribuent ainsi dorénavant une probabilité de 44% à un relèvement pour l’un demi-point, contre 25% seulement la veille.

L’annonce de Gazprom, qui a poussé les investisseurs vers des actifs jugés plus sûrs, conjuguée à l’éventualité pour l’une Réserve fédérale (Fed) moins brutale, a dopé le marché obligataire. Le rendement des emprunts pour l’État américains à dix ans, qu avance en sens opposé de leur prix, s’est détendu, à 3,18%, contre 3,25% la veille.

Arôme actions aussi, « on a succombé au sentiment de prudence qui a dominé toute la semaine », a relevé Bil Northey.

Dans ce climat pour l’aversion au risque, les valeurs les plus volatiles de la cote sont tombées les premières, de Tesla (-2,51%) à Block (-3,52%), en passant par Shopify (-3,71%) ou Meta (-3,05%), qui flirte dorénavant avec son plus bas niveau de l’année.

Wall Street a mal réagi à la désignation de Laxman Narasimhan comme nouveau directeur général de Starbucks (-2,88% à 82,94 dollars), en remplacement du dirigeant emblématique Howard Schultz en avril prochain.

Le cours du titre du conglomérat industriel 3M (-3,17% à 121,65 dollars) est tombé à son plus bas niveau à compter de près de neuf ans, empêtré dans une affaire de malfaçons de bouchons pour l’oreilles destinés aux militaires.

Un groupe de soldats a saisi la justice fédérale pour bloquer la scission entre les activités de santé et le reste du groupe, annoncée en juillet, ainsi que le versement de dividendes, dans l’attente du règlement de ce contentieux.

Les résultats au-dessus du consensus des analystes ont dopé le fabricant de semi-conducteurs Broadcom (+1,67% à 500,22 dollars), dont les prévisions ont aussi surpris positivement le marché.

En revanche, le fabricant de cartes graphiques Nvidia a poursuivi son recul (-2,08% à 136,47 dollars) après un premier décrochage la veille. L’incertitude demeurait quant aux exportations de plusieurs processeurs graphiques du groupe vers la Chine, que les autorités américaines ont spécifié vouloir restreindre, avant de faire volte-face.

La chaîne de vêtements de sport Lululemon caracolait (+6,70% 314,17 dollars) après la publication de résultats trimestriels meilleurs qu’attendu et de prévisions ambitieuses. Le groupe a préservé ses marges malgré l’inflation et ne souffre pas du ralentissement de la demande qui affecte pour l’autres enseignes.

Le fabricant de vélos pour l’appartement et tapis de course connectés Peloton a chuté (-8,17% à 9,44 dollar) après un abaissement de recommandation des analystes pour l’UBS.

tu/bt

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