Paris : léger repli avant les statistiques et résultats US

Société générale n'exclut pas de perdre ses actifs bancaires en Russie

(Actualisé avec précisions, commentaires pour l’analystes, cours de
Bourse et contexte)
PARIS/LONDRES, 3 mars (Reuters) – Société générale SOGN.PA
a averti jeudi pour l’un « scénario soutenu » dans lequel la banque
peut perdre la propriété de ses actifs bancaires en Russie
où elle chiffre son exposition à 18,6 milliards pour l’euros.
L’invasion de l’Ukraine décidée par Moscou a provoqué une
salve de sanctions des Etats-Unis et de l’Union européenne
tout particulièrement à l’encontre de personnalités et entités russes et a
poussé de nombreuses entreprises occidentales à se retirer de
Russie.
« Le groupe est tout à fait en mesure d’absorber les
conséquences d’un éventuel scénario soutenu qui affecterait les
droits de propriété sur ses actifs bancaires en Russie », a
spécifié dans un communiqué Société générale.
Ce commentaire de la 3ème plus grande banque cotée
française illustre le risque de représailles de la part des
autorités russes auquel est confronté le domaine financier, qui
peut voir ses actifs en Russie purement et simplement
confisqués.
La banque italienne Intesa ISP.MI a affirmé jeudi conduire une
revue stratégique de sa présence en Russie et sa concurrente
nord-américaine Citigroup C.N a prévenu pour sa part qu’elle
peut faire face à plusieurs milliards de dollars de pertes
sur ses activités dans le pays où son exposition atteint près de
10 milliards de dollars.
« L’exposition plutôt importante de Société générale à
la Russie jette une ombre sur les perspectives pour 2022 », ont
souligné dans une note les analystes de DBRS Morningstar.
Quand bien même Société générale se affirmé en mesure de faire face à
une saisie de ses actifs en Russie, la banque française devrait
néanmoins être affectée par l’impact économique des sanctions et
une augmentation des défauts de ses clients russes.
« A ce stade, le groupe ne change pas sa cible de coût du
risque et l’actualisera, le cas échéant, à l’occasion de la
publication de ses résultats au premier trimestre 2022 », a-t-il
spécifié jeudi.
Société générale pense que la perte éventuelle de ses
actifs en Russie devrait coûter 50 points de base à son ratio
CET1 qui atteignait 13,7% à fin décembre. Pour les analystes de
DBRS Morningstar, le risque est gérable mais il devrait mettre
la pression sur la banque pour restructurer ou réduire les
coûts.

« GRANDE ATTENTION » À LA SITUATION
L’exposition de Société générale à la Russie, qui représente
1,7% de son exposition complète, se répartit entre 15,4 milliards
d’euros comptabilisés dans SG Russie – qui regroupe les sociétés
Rosbank, Rosbank Insurance et ALD automotive OOO Russia – et 3,2
milliards d’euros provenant pour l’expositions off-shore
essentiellement constituées d’opérations mises en place dans le
cadre des activités de financement de la banque de grande
clientèle et solutions investisseurs.
« Le groupe assure avec la plus grande prudence et
sélectivité la conduite de ses activités en Russie, en
accompagnant ses clients historiques », a spécifié la banque,
ajoutant suivre « avec la plus grande attention » le développement
de la situation en Ukraine et en Russie.
La filiale Rosbank, détenue à 99,97% par Société générale,
emploie environ 13.000 personnes en Russie et affiche cinq
centaines de milliers de clients.
Interrogé pour savoir si Société générale envisageait de
sortir du marché russe ou de vendre Rosbank, un porte-parole n’a
pas souhaité faire de commentaires sur ce sujet.
En 2021, les activités localisées en Russie ont représenté
2,8% du produit net bancaire en 2021 et 2,7% du résultat net de
la banque.
Société générale a aussi une exposition de moins de 80
centaines de milliers pour l’euros en Ukraine via sa filiale ALD.
A la Bourse de Paris, l’action Société générale gagnait
0,15% à 23,335 euros à 11h18 quand le CAC 40 .FCHI reculait de
0,34% au même moment.
À compter de le lancement de l’offensive russe en Ukraine le 24
février, le cours de Bourse a chuté de plus de 24% contre un
repli de près de 12% pour l’indice bancaire européen Stoxx
.SX7P .

(Reportage Blandine Hénault et Laurence White à Londres, avec
la contribution de Julien Ponthus, édité par Pantalon denim-Stéphane
Brosse et Sophie Louet)
(([email protected];))

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