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L'euro poursuit son repositionnement après l'inflexion de la BCE

L’euro progressait vendredi face à l’ensemble des majeures devises, sur l’élan que lui a conféré jeudi le durcissement du ton de la Banque centrale européenne (BCE), maintenant prête à relever son taux dès cette saison.

Vers 19H50 GMT, la monnaie unique gagnait 0,11% face au dollar, à 1,1453 dollar pour un euro. Plus tôt, elle avait atteint 1,1484 dollar, soit son un peu avant niveau à partir de quasiment trois mois (10 novembre).

L’euro a aussi poursuivi sa progression face au franc suisse et au yen, au un peu avant à partir de trois mois face à ces deux devises.

« Le grand renouvellement de la Banque centrale européenne a fait de l’ombre à tout effet positif pour le dollar du rapport sur l’emploi », a commenté Matthew Weller, responsable de la recherche pour la plateforme de courtage Forex.com.

L’économie étasunienne a créé 467.000 emplois en janvier, soit plus du triple de ce qui était anticipé par les économistes. À cela s’apporte une révision majeure pour le mois de décembre, avec 510.000 conceptions contre 199.000 annoncées initialement.

« Le rapport sur l’emploi était incroyablement fort, même sans compter les révisions astronomiques », a estimé Jamie Cox, associé-gérant chez Harris Financial Group. « Donc la Fed a le feu vert pour débuter à faire bouger ses taux très bientôt. »

Près de 40% des opérateurs s’attendent maintenant à une hausse de 50 points de base (0,5 point de pourcentage) en mars, ce qui est une 1ère à partir de 2000, la Fed ayant surtout l’habitude de relever ses taux par quart de point. Ils n’étaient que 2% à y croire il y a encore un mois.

Mais pour Matthew Weller, les conséquences de ce rapport pourraient ne pas se ressentir avant des mois, en matière de politique monétaire.

« La question, c’est de savoir si la Fed fera une 4ème, une cinquième ou une sixième hausse de taux pendant la seconde moitié de l’année », dit-il, la trajectoire en elle-même ayant été déjà largement intégrée.

« C’est ce qui explique, en ce qui me concerne, le fait que l’euro n’ait pas reculé aujourd’hui », a-t-il déduit. « On a rompu avec une tendance à la baisse (…) donc c’était une semaine très importante pour l’euro, qui peut poursuivre à monter en février et en mars. »

Ironie du sort, la seule devise majeure dont la banque centrale a effectivement relevé ses taux cette semaine, à savoir la bouqin sterling, n’a bénéficié pour l’aucun élan face à l’euro ou au dollar.

« J’ai été un peu surpris », a confié Matthew Weller, rappelant que 4 des neuf membres du comité monétaire de la Banque pour l’Angleterre étaient même favorables à une hausse de 50 points de base dès jeudi.

« J’attends de voir de quelle façon les cambistes vont débuter, pendant les semaines à venir, à digérer le fait que le durcissement est intervenu aussi à la Banque pour l’Angleterre », et pas seulement à la BCE, a conclu l’analyste.

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